Les 4 livres de mon enfanceContes,
Hans Christian AndersenJ'avais un superbe livre relié et magnifiquement illustré des Contes d'Andersen que l'on m'avait offert pour un Noël. Ce livre me faisait rêver de par son romantisme sombre... Avec le recul, les
Contes d'Andersen dans leur version non expurgée ne sont pas à mettre entre les mains des enfants trop sensibles. Je me rappelle de contes particulièrement noirs, comme l
es Cygnes sauvages ou le
Rossignol et l'Empereur, hantés par la mort, peuplés de sorcières qui profanaient des cimetières... C'était l'anti-Grimm, quoi! Ma manie de posséder mes livres favoris en plusieurs éditions a commencé là: j'avais aussi les
Contes d'Andersen en version poche pour pouvoir les emmener partout: classes de neige, vacances...
Mon bel oranger,
José Mauro de VasconcelosMa mère m'avait acheté ce livre de la collection Le Livre de Poche Jeunesse sur les conseils d'une libraire alors que j'étais clouée au lit par je ne sais quelle maladie infantile. J'ai dévoré passionnément l'histoire de ce petit garçon brésilien pauvre dont le seul ami et confident était un pied d'oranger...
La Mare au diable,
George SandQu'elle était jolie et pudique, cette histoire d'amour paysanne...! Je les revois encore tous les deux assis au bord de l'étang, la nuit...
La Gloire de mon père,
Marcel PagnolLa Provence de Marcel Pagnol m'évoquait les vacances au Portugal. La pinède, les senteurs de thym... J'ai passionnément aimé suivre les aventures marseillaises du petit Marcel et de sa famille. J'ai dévoré dans la foulée
Le Château de ma mère et
Le Temps des secrets.
Les 4 écrivains que je lirai et relirai encoreFernando PessoaLe plus génial des écrivains portugais et probablement le plus grand écrivain de tous les temps d'après les spécialistes. Multiple, il a écrit sous une foule d'hétéronymes (les plus célèbres étant Álvaro de Campos, Bernardo Soares, Alberto Caeiro... tous écrivant avec des styles et des personnalités radicalement différents). À ce jour, seule une infime partie de son oeuvre est éditée, le reste des manuscrits se trouvant dans une malle précieusement gardée à la BN de Lisbonne. C'est dans la poésie d'Álvaro de Campos que je me perds et me retrouve. Je ne peux pas lire le très long poème
Bureau de Tabac sans avoir les larmes aux yeux et la sensation de me prendre un coup de poing dans le ventre. À ce jour, c'est le plus beau texte qu'il m'ait été donné de lire. J'aime aussi d'amour les
Grandes Odes et
Opium, toujours de l'hétéronyme Álvaro de Campos...
Yasunari KawabataLa plume de cet écrivain japonais magnifique qui s'est suicidé peu de temps après avoir reçu le Prix Nobel de Littérature me transporte littéralement. Personne mieux que Kawabata ne décrit le rythme des saisons, les infimes changements de la nature, la complexité des sentiments humains, l'étangeté de nos rapports. L'oeuvre de Kawabata est d'une sublime beauté triste, déchirante, même. Je pourrais relire 10, 100, 1000 fois
la Danseuse d'Izu,
les belles Endormies,
Tristesse et beauté...
António Lobo AntunesCet immense écrivain portugais, mondialement reconnu - et souvent cité pour le Nobel de Littérature, a quelque chose d'un Kawabata européen... Inlassablement, au fil d'une oeuvre aux accents symphoniques, il dissèque l'être humain, ses faiblesses, ses noirceurs, ses beautés aussi, en se servant de ses propres expériences de vie, qui reviennent, obsessionnelles: le service militaire en Angola pendant la guerre coloniale, son travail comme chef du plus grand hôpital psychiatrique portugais, sa vie personnelle lacérée, ses psychoses... Une oeuvre d'une intensité rare, poignante, qui nous remue jusqu'au plus profond de nous-mêmes.
Mia CoutoMozambicain, Mia Couto est probablement l'un des plus grands écrivains africains actuels. Sa façon de reécrire la langue portugaise est sublime et ses histoires sont extraordinaires, flottant toujours entre rêve et réalité, magie et réalisme. Mia Couto porte un regard sans pitié sur son pays et le monde qui l'entoure, mais les mots qu'il emploie sont comme un baume... Mon livre favori est
Contos do Nascer da Terra, qui, me semble-t-il, n'est pas traduit. Mais il existe de nombreux titres de cet auteur en français, comme
la Véranda au Frangipanier. Bien sûr, on y perd un peu à la traduction, bien que celle de ce dernier titre soit exceptionnellement soignée...
Les 4 auteurs que je n'achèterai ou n'emprunterai plusPaulo CoelhoJe me suis toujours demandée comment ce pseudo-écrivain brésilien - heureusement que le grand Jorge Amado n'est plus de ce monde pour voir ça - pouvait avoir un tel succès. Écriture médiocre (y compris et surtout en VO portugaise), idées prédigérées, spiritualité de bazar... Poubelle!
Dan BrownComment a-t-on pu faire un foin pareil autour d'un roman à suspens aussi médiocre...? Je n'ai pas fini le livre. Pas pu. Il y a trop de bonnes choses à lire pour perdre son temps. Et je me suis endormie devant le film. C'est de la m....!
Michel HouellebecqPhénomène de mode. La première fois, on est surpris. La deuxième, on s'ennuie... Ciao!
Günter GrassRien à faire. Nobel ou pas, j'accroche pas...
Les 4 livres que j'emporterai sur une île déserteLe Livre de l'Intranquilité, de Bernardo Soares, alias
Fernando PessoaParce que sur une île déserte, pour ne pas devenir fou, il faut alimenter son esprit avec quelque chose de profond et de consistant. Un livre auquel on continue de penser une fois refermé, où l'on revient sur certains passages, même...
Les Lusiades, de
Luís de CamõesQuel bonheur ce doit être de se délecter de la plus grande épopée lyrique européenne de la Renaissance sur une île, en guettant l'arrivée des caravelles portugaises à l'horizon, avec, qui sait, Camões lui-même à bord, en escale avant de rallier Macao! L'un des plus grands textes jamais écrits en portugais. En plus, il n'a pas pris une ride. Aujourd'hui encore, quel plaisir de le lire!
Tous les ouvrages de la
Collection Magellane, Editions
Michel ChandeigneLa plus grande collection jamais consacrée aux récits de voyages anciens. Ça peut être très utile de savoir comment mes prédécesseurs du XVIIe s. ont survécu avant moi sur une île déserte. Et certains ouvrages sont incroyablement drôles: on y trouve même des recettes de cuisine cannibales...!
Une anthologie de poésie portugaiseParce que je ne me lasserai pas de lire et relire encore les beaux vers de Mário Cesariny de Vasconcelos, Eugénio de Andrade, Alexandre O'Neill, Vitorino Nemésio, Mário de Sá Carneiro, Sophia de Mello Breyner, Nuno Júdice... Face à la mer, le bonheur!
Les 4 derniers mots (vers, pour moi) de mon livre préféré«(Le patron du Bureau de Tabac est arrivé sur le seuil.)Comme mû par un instinct sublime, Estève s'est retourné et il m'a vu.Il m'a salué de la main, je lui ai crié: "Salut, Estève!", et l'universs'est reconstruit pour moi sans idéal ni espérance, et le patron du Bureau de Tabac a souri.»Bureau de Tabac, Álvaro de Campos, Alias
Fernando PessoaLes 4 (+4) premiers livres de ma liste de livres à (re)lireÀ lire
Les Intermittences de la mort,
José SaramagoHier, je ne t'ai pas vu à Babylone,
António Lobo AntunesEt puis,
Natsume SôsekiLe Dieu des petits riens,
Arundathi RoyÀ relire
Les Nouvelles Orientales,
Marguerite YourcenarLe Corbeau et autres poèmes,
Edgar PoeLes Fleurs du Mal,
Charles BaudelaireLa Conjuration des Imbéciles,
John Kennedy O'TooleJ'aimerais à présent découvrir les goûts littéraires de Karen (Kafka na Praia), Véro (Cuisine Métisse), Louise (Gato Azul | Chat Bleu) et Emilie (Le Blog d'une jeune maman)