Affichage des articles dont le libellé est Adresses. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Adresses. Afficher tous les articles

3 septembre 2007

Avis aux amateurs portugais de cancoillotte



À chaque fois que nos amis ou notre famille de France viennent nous voir et qu'ils nous demandent ce que nous voulons qu'ils nous ramènent, João et moi répondons en choeur: "De la cancoillotte!"... Vous savez sûrement déjà que mon mari est né à Besançon...? Mis à part lui, mes beaux-parents et notre cousine Isabel L., je crois que je suis la portugaise au monde la plus accro à cette spécialité fromagère de Franche-Comté...! Quand je vivais à Paris (ouh la! Ça fait déjà presque un bail...), je ne connaissais pas grand monde qui aimait ça. Pire: mis à part de quelques rares personnes originaires de l'Est de la France, ce produit était souvent complètement ignoré... Et pourtant, en ces temps de light, diet et tutti quanti, la cancoillotte est bien l'un des seuls fromages qu'une femme soucieuse de ses formes puisse se permettre de dévorer sans états d'âme puisqu'il ne contient qu'entre 5 et 10% de matières grasses. La concoillotte est fabriquée à partir des mettons, les petits grumeaux du lait complet qui ont servi à la fabrication du comté. Ainsi écrémés, les mettons sont ensuite dilués avec du lait ou/et de l'eau et un peu de beurre - et éventuellement enrichis à l'ail ou au vin jaune - pour la confection de la cancoillotte. Celle-ci ressemble à du fromage fondu jaune pâle à la consistance dense et à la saveur plutôt douce. Froide, la cancoillotte est délicieuse tartinée sur du pain. Chaude et fondue, on la verse sur des pommes de terre cuites pour accompagner saucisses fumées de Morteau ou de Montbéliard. On peut aussi l'utiliser en cuisine dans les gratins, croques, quiches, tartes salées ou plats de pâtes.

Il y a quelques jours, nous avons eu le plaisir de dîner à Tomar avec notre adorable cousine Isabel et son mari Miguel, qui résident dans les proches environs de Besançon. Connaissant notre goût immodéré pour tout ce qui se mange, ils avaient eu la gentillesse de nous ramener depuis la Franche-Comté de la cancoillotte à l'ail de chez Poitrey (ma préférée avec celle de la maison Raguin), des saucisses de Montbéliard, du vin de Paille du Jura et bien d'autres délicieuses choses encore qui n'ont pas mis 24 heures à se diriger vers nos estomacs reconnaissants, si prestement que nous n'avons même pas eu le temps de prendre des photos. Merci, Isabel et Miguel...! On vous embrasse bien fort. Grace à vous deux, quel beau festin franc-comtois (le pain sucré de la Beira Baixa a été également très apprécié au petit-déjeuner, tartiné de confiture maison aux prunes...)!

Le lendemain de ce mémorable déjeuner, en revenant de Lisbonne, nous sommes allés faire des courses au supermarché Carrefour de Torres Novas, une ville voisine de là où nous habitons, bien par hasard car nous n'avions auparavant pas l'habitude de fréquenter cette enseigne... Et quelle surprise de découvrir de la cancoillotte - nature et à l'ail, vendue au rayon frais...?! Amateurs portugais, vous savez désormais que trouver de la cancoillotte au Portugal ne relèvera plus de la quête du Saint Graal: il vous suffira désormais de vous diriger vers le magasin Carrefour le plus proche. À bon entendeur...!

12 juin 2007

Nord du Portugal : le paradis vert

Jeudi dernier était un jour férié, au Portugal. Lorsque nous avons envie d'une pause, João et moi partons presque toujours en direction du nord. Non pas que le sud du Portugal ne nous plaise pas, bien au contraire, mais pour nous, c'est là-haut que se trouve l'essence de ce pays, bien loin des plages à touristes et de la cohue...



Nous avions réservé un logement dans les environs de la très belle ville historique de Viana do Castelo, entre océan et vertes collines. Viana do Castelo est connue pour ses superbes édifices blancs ourlés de granit, anciennes propriétés des navigateurs des Grandes Découvertes.



Lorsque l'on arrive dans la ville, on ne peut pas manquer de remarquer l'église de Santa Luzia, un monument de granit étonnant juché sur un mont verdoyant et dont l'architecture a été inspirée par celle du Sacré Coeur de Montmartre. La brume matinale montant de l'Atlantique nimbait la basilique d'un voile des plus romantiques...



Avant de rallier notre point de chute, nous avons déjeuné sur les hauteurs de Viana do Castelo, au restaurant de la belle pousada de Monte de Santa Luzia. Les pousadas sont de luxueux resorts hôteliers appartenant majoritairement à l'Etat portugais et gérés par des organismes privés, généralement situés dans des monuments historiques. Celle de Santa Luzia, logée dans un vaste manoir, possède l'une des vues les plus exceptionnelles du Portugal (et du monde, d'après la célébre revue National Geographic). Des fenêtres, on voit la ville de Viana do Castelo et l'océan à perte de vue...



Nous avons pris l'apéritif sur la terrasse... Comme je déteste prendre des photos de mes repas dans les restaurants - non seulement on ne profite pas de ce que l'on mange, mais en plus on gêne nos voisins et le personnel - vous devrez me croire sur parole si je vous dis que la morue en croûte de pain de maïs, le suprême de volaille farci à la farinheira (une sorte de boudin blanc portugais bien relevé) et l'exceptionnel vin rouge du Douro étaient exquis. Tout autant que le cadre et le service.



Après le déjeuner, nous sommes partis en direction d'Areosa, un petit village des environs proches de Viana, où nous avions réservé un logement à la Quinta da Boa Viagem. Nous préférons de loin les formules de Tourisme Rural/ Tourisme d'Habitation aux hôtels. Non seulement on aide ainsi à préserver du beau patrimoine privé, mais en plus on profite de lieux souvent magiques...



Le nom de la propriété, "Bon Voyage", provient de l'antique chapelle datant de 1512 dont la véranda servait à offrir un peu de repos aux pèlerins en route pour St-Jacques de Compostelle. À l'intérieur, une maquette ancienne de voilier suspendue sous la voûte m'a étrangement rappelé la chapelle de Rocamadour, à Camaret (Finistère, Bretagne)... Les origines celtes du Portugal - l'ancienne Lusitanie - doivent y être pour quelque chose...



La chapelle est située en dehors de la propriété, en face de l'entrée principale, gardée par un majestueux portail blasonné.



La construction de la Quinta da Boa Viagem remonte au XIe s. On devine encore ses fortifications médiévales dans le dessin de l'habitation principale...



Les dépendances ont récemment été aménagées en charmants logements pour accueillir les "manants" comme vous et moi... ;-D



Les éléments baroques ont été rajoutés au XVIe s., lorsque le noble seigneur des lieux est revenu riche des comptoirs portugais des Indes et de la Chine. C'est son descendant direct en personne - un charmant jeune homme né à Lisbonne, mais qui s'est installé dans le Nord pour préserver la demeure familiale - qui nous en a raconté l'histoire en nous faisant visiter l'endroit. On peut voir ci-dessus une sculpture représentant le premier propriétaire du manoir, le chevalier médiéval, doyen des ancêtres connus de la famille...



Le jardin est un endroit romantique à souhait. Nul doute que les fées viennent y danser le soir, entre les arbres européens ou exotiques plantés au fil des siècles...



De toute la propriété on voit l'océan... Du raisin qui sert à l'élaboration de vinho verde continue d'y être récolté...



Des chinoiseries baroques aux toits de verdure, tout y incite au rêve et à l'alanguissement...





Tellement que l'on n'a pas envie de quitter le jardin. Un pique-nique frugal au milieu de cette nature exubérante: gambas pochées, jambon cru, pain frais, beurre et vin pétillant brut du Douro frappé...



Une croix de granit veille sur les marins...



... et un petit coin dédié à la fraîcheur et à la paresse invite à la sieste...





... avec le bruissement de dizaines de sources et de fontaines en bruit de fond.



Malgré toute cette langueur, nous avons quand même visité Guimarães, le berceau du Portugal, qui a vu le jour dans ces belles murailles le 24 juin 1185 (il y a eu de la grosse castagne avec les Castillans pour garder la place, d'où les fortifications)... La ville est aujourd'hui classée Patrimoine Mondial par l'UNESCO.



La statue du Fondateur du Portugal, le roi D. Afonso Henriques, attendant les Castillans de pied ferme...



De passage à Braga, ville surnommée la Rome portugaise, João a craqué et s'est tapé une "petite française" devant moi (littéralement francesinha, une sorte de croque originaire de Porto, mais très populaire dans tout le nord du Portugal), au célèbre café Vianna, sous les arcades de la place principale... Pardon, Nettah, tu vas me tuer, je sais, je sais... J'avais oublié de prendre tes coordonnées... :-( Shame on me...!

Remarquez comment il est mignon, mon Chéridamour, avec un coup de soleil sur le nez...



De retour à Viana do Castelo, j'ai eu le bonheur de rencontrer Fátima, une bloggeuse que j'aime beaucoup, auteure de 100% Açúcar. Fátima (à droite sur la photo; à gauche, vous reconnaîtrez la taulière de la tasca...) a eu la gentillesse d'abandonner son mari cloué au lit par un refroidissement et de laisser marner ses adorables petites filles au cours de natation pour venir nous retrouver en centre ville. Quand on a des atômes crochus avec les gens, le temps file bien trop vite... Vous me croirez si je vous dis que nous étions en train de poser pour la photo devant la célèbre pâtisserie Natário et que je n'ai même pas goûté une des seules merveilles exposées dans la vitrine...?



C'est avec regret que nous avons commencé notre descente vers le centre du Portugal, non sans un arrêt au village de Bertiandos, près de Ponte de Lima, où nous avons déjeuné dans un restaurant charmant - O Celeiro - qui se trouvait dans une rue donnant sur le magnifique manoir - Solar de Bertiandos - que vous voyez sur les deux dernières photos.



Avant de prendre l'autoroute, nous avons encore fait une halte chez une amie d'enfance, à Vila Verde, puis une autre à Porto, pour faire enfin connaissance avec Malou "en chair et en os" (oui, vous avez bien lu: NOTRE Malou!). Là encore, le moment magique passé ensemble a filé bien trop vite. Ce fut un week end merveilleux, entre chaleur humaine, beauté et sérénité. Mais nous reviendrons, c'est sûr...! :-)

-----------------

Bien manger, se loger, roucouler, picorer ou boire un verre dans les environs de Viana do Castelo :

Quinta da Boa Viagem
Areosa - Viana do Castelo
Tel. 258 835 835 / 935 835 835
E-mail: reservas@quintadaboaviagem.com
Site

Pousada do Monte de Santa Luzia
Monte de Santa Luzia
Viana do Castelo
Site

Restaurante Casa d'Armas
Largo 5 de Outubro, 30 - R/C
Viana do Castelo
Tel. 258 824 999

Pastelaria Natário
Av. Combatentes da Grande Guerra
Viana do Castelo
Tel. 258 826 856

Restaurante O Celeiro
Bertiandos - Ponte de Lima
Tel. 258 942 815

Café Vianna
Avenida Central - Arcada
4700 Braga
Tel. 253 262 336

4 juin 2007

Pão-de-ló de Alfeizerão



São Martinho do Porto est une jolie station balnéaire et un petit port de pêche de l'Estremadura, au centre-ouest du Portugal. En arrivant par la nationale depuis chez moi, on peut admirer depuis la route deux des plus beaux monuments portugais, classés Patrimoine de l'Humanité par l'UNESCO: les monastères de Batalha et d'Alcobaça. Au bout de la route, il est très agréable de s'arrêter au bar de la plage pour boire un verre et contempler l'océan s'engoufrer violemment par un étroit goulet jalonné de rochers avant de s'alanguir mollement dans une ravissante baie parsemée de barques colorées...



Et comme si tous ces enchantements ne suffisaient pas, la petite ville de São Martinho do Porto peut également s'enorgueillir de son pão-de-ló, réputé le meilleur du Portugal et fabriqué artisanalement dans le proche village d'Alfeizerão. Le pão-de-ló est certainement le gâteau le plus emblématique du Portugal. Ce biscuit ultra-moelleux ne contient pourtant que de la farine, du sucre et des oeufs. Tout est dans le savoir-faire et il en existe des variantes du nord au sud du pays (comme ici, à Braga, nord du Portugal).

Mais le pão-de-ló n'est pas une star qu'au Portugal...! Introduit au Japon au XVIe s. par les jésuites portugais - comme les tempura, il reste encore aujourd'hui le régal sucré préféré de nos amis nippons, connu sous le nom de kasutera ou kastera, déformation japonaise du nom portugais original : bolo de Castella.



Mais revenons au village d'Alfeizerão... La version de son fameux pão-de-ló aurait pour origine les cuisines du monastère d'Alcobaça où il était auparavant confectionné par les religieuses. Suite à la disparition de l'ordre cistercien d'Alcobaça, la recette a été transmise à une famille de Alfeizerão. Les premiers gâteaux ont commencé à être préparés il y a plus d'un siècle hors les murs conventuels par Amália Grilo, sur commande de familles nobles de la région. Aujourd'hui les descendants directs de Madame Grilo - la cinquième génération - perpétuent toujours la tradition du meilleur pão-de-ló du monde, au Café Ferreira, où les fesques en azulejos des murs racontent en images et en mots l'histoire de l'inimitable portuguese sponge cake.

On peut y déguster une part sur place ou acheter un gâteau entier à emporter (petit, moyen ou grand)*. Comment vous expliquer la sensation de déguster du pão-de-ló d'Alfeizerão...? On a l'impression de manger un nuage de douceur au coeur coulant confectionné par les anges eux-mêmes...

Alors, si vous passez dans le coin de São Martinho do Porto, surtout ne repartez pas sans la célèbre boîte blanche et bleue sous le bras...!

Café Ferreira - Rua 25 de Abril, nº 215 - 2460-160 Alfeizerão - PORTUGAL

* Compter 3 € pour le petit modèle (2-3 personnes)

30 avril 2007

L'Asie aux portes de Lisbonne



Ceci ne représente qu'un petit échantillon de mes courses de samedi dernier au supermarché Exotic Asia Market de Sacavém, le plus grand magasin de produits alimentaires asiatiques de la Péninsule Ibérique, aux portes de Lisbonne, pas très loin de l'aéroport international.

Auparavant, j'allais me fournir dans les épiceries chinoises et indiennes du cosmopolite quartier Martim Moniz, en plein coeur de Lisbonne, ou dans celles des centres commerciaux asiatiques grossistes de province... Mais l'Exotic Asia Market est une véritable caverne d'Ali Baba...! Pour nous qui sommes des fondus de cuisine asiatique, il a été difficile de ne pas emporter tout le magasin avec nous. La carte bleue (MultiBanco, chez nous...) a d'ailleurs failli virer au rouge écarlate...

À Paris, j'allais chez Tang Frères, bien sûr, mais l'Exotic Asia Market de Lisbonne le surpasse encore en choix, notamment en ce qui concerne les produits japonais et indiens. J'avais la tête qui tournait entre les sauces, épices, herbes, riz, pâtes, légumes frais, conserves, condiments, thés, graines, etc. venus de Chine, de l'Indonésie, du Vietnam, du Japon, de la Malaisie, d'Inde, de la Thaïlande et j'en passe. Je n'ai pas non plus résisté à un authentique wok chinois, ni à un superbe mortier thaï en pierre...

Il me faut aussi souligner l'incroyable gentillesse de la gérente, Madame Yen, qui m'a non seulement dévoilé ses deux recettes préférées, mais qui m'a en plus offert les produits pour les réaliser et un livre de cuisine.

En plus de tout ça, on y trouve de la vaisselle et de beaux meubles chinois, ainsi qu'un petit troquet typique juste à l'entrée du magasin. Et Madame Yen donne des cours de cuisine asiatique à des groupes supérieurs à 6 personnes... Une adresse incontournable pour tous les amateurs de cuisine exotique du Portugal!

Exotic Asia Market
Rua Maria Umbelina, 5 A/C
2685-148 Sacavém
PORTUGAL
Ouvert tous les jours (y compris les WE et jours fériés) de 10h00 à 19h00


Localisation et informations sur le site www.exoticasiamarket.com

Des réductions spéciales seront accordées aux visiteurs de Tasca da Elvira. N'oubliez pas de mentionner le nom du blog au caissier avant l'enregistrement des articles.